17 ans après l’attentat qui a visé Guillaume Soro alors Premier ministre de Laurent Gbagbo, à Bouaké, la vérité est loin d’avoir éclaté sur cette affaire.

Elle se fait désirer. 17 ans après l’attentat qui a visé à Bouaké, le 29 juin 2007, le Premier ministre de l’époque, Guillaume Soro, la vérité est loin d’avoir révélé tous les contours de cette attaque. Et pourtant, quelques jours après cet attentat qui a fait quatre morts sur-le-champ parmi les proches collaborateurs du Premier ministre nommé en mars par Laurent Gbagbo, au terme des pourparlers de paix organisés au Burkina Faso, sous l’égide de l’ancien chef du Faso, Blaise Compaoré, la justice ivoirienne avait montré toute sa disponibilité à faire la lumière sur cette affaire.

Visé par cette attaque que certains ont imputé, tantôt à des éléments incontrôlés fidèles au chef de l’Etat d’alors, tantôt à ses rivaux au sein de la rébellion, celui qui était à l’époque secrétaire général des Forces nouvelles, avait demandé une enquête internationale, pour des besoins de partialités, surtout qu’il y avait comme acteur dans le processus de sortie de crise, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire.

ENQUETE INTERNATIONALE

A cette demande, Abou Moussa, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, avait marqué la disponibilité de l’organisation internationale à contribuer à la recherche de la vérité sur cet attentat. « C’est un attentat et nous savons qui l’a fait, mais je ne vais pas devancer les enquêtes », avait indiqué la principale cible de l’attaque, depuis Bouaké, à l’occasion de visites de compassion que lui rendaient des personnalités et des Ivoiriens lambda. « L’attaque a été certainement étudiée depuis longtemps. Ils ont tiré à l’angle et au moment où l’avion était le plus vulnérable », avait insisté Guillaume Soro, vertement accusé avant et après l’Accord politique de Ouagadougou, d’avoir ‘’trahi la lutte’’.

Des délations qui étaient également répandues dans les rangs des ex-Forces nouvelles. Toutefois, face à la vague de suspicion qui enflait au sujet des potentiels auteurs et commanditaire de cette attaque et qui risquait d’envenimer le climat de méfiance au sein de la rébellion, le chef de gouvernement a vite calmé le jeu. « J’ai lu dans les journaux que l’attentat, c’est mes chefs militaires. Il n’y a aucun de mes chefs militaires mêlé là-dedans. On dit c’est Chérif Ousmane, ou c’est Zacharia. Ce n’est pas vrai. Ils ne peuvent pas me trahir. L’attentat, ce sont des gens qui ont été envoyés », avait-il assuré.

PARDON ET RECONCILIATION

En attendant de connaître la vérité sur cet épisode de l’histoire de la Côte d’Ivoire, les victimes de l’attentat contre le Fokker 100, elles, continuent de se remémorer l’événement dans le recueillement. « Le souvenir du 29 juin 2007 ravive davantage dans mon cœur la flamme du pardon et redonne à la graine de réconciliation qui y est semée, un peu plus de bourgeon. C’est pourquoi à l’occasion de cette commémoration décennale, je m’incline à nouveau devant la mémoire de nos frères tombés. Puissent leurs âmes continuer de reposer en paix. La paix, ce bien si inestimable que nous devons continuer de préserver tout en gardant à l’esprit les énormes sacrifices consenties pour le retrouver », déclarait en 2018, l’une des victimes, nommée Guillaume Soro, à l’occasion de la commémoration de la date anniversaire de l’attentat contre le Fokker 100 de la flotte présidentielle.