Guillaume Kigbafori Soro

Guillaume Kigbafori SORO

Guillaume Kigbafori Soro, né le 8 mai 1972 à Kofiplé, sous-préfecture de Diawala, dans le département de Ferkessédougou, est une figure politique majeure de la Côte d'Ivoire. Il a exercé les fonctions de Premier ministre de 2007 à 2012, conformément à l'accord politique de Ouagadougou, et a été président de l'Assemblée nationale ivoirienne de 2012 à 2019.

Jeunesse et Formation

Guillaume Soro, surnommé le Che ou Bogota, s'est impliqué très tôt en politique. Il a dirigé la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) de 1995 à 1998 tout en poursuivant une licence d'anglais à l'université Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan.

Il a obtenu une licence d'anglais et le C2 de maîtrise. En 1999, après avoir quitté la tête de la FESCI, Guillaume Soro s'est installé en France pour poursuivre ses études aux universités Paris-VII et Paris-VIII, où il a étudié l'anglais et les sciences politiques. En 2018, il a obtenu un MBA de l'École de commerce de Lyon.

Engagement Politique

Le retour de Guillaume Soro en Côte d'Ivoire en novembre 1999, lors de la crise politique marquée par l'arrestation des dirigeants du Rassemblement des républicains (RDR), a marqué un tournant dans sa carrière. Il a participé activement aux mobilisations pour la libération des prisonniers politiques et s'est retrouvé aux côtés de Robert Guéï après le coup d'État de décembre 1999, bien qu'il s'oppose ensuite à lui pour soutenir Alassane Ouattara.

En 2002, il devient porte-parole puis Secrétaire Général du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), une organisation politique et militaire visant à renverser le Président Laurent Gbagbo, qui deviendra les Forces Nouvelles après les accords de Linas-Marcoussis.

Carrière Gouvernementale

Guillaume Soro a joué un rôle clé dans le gouvernement de réconciliation nationale de 2003 à 2005, d'abord comme ministre de la Communication, puis comme ministre d'État, de la Reconstruction et de la Réinsertion. En mars 2007, il est nommé Premier ministre, rôle dans lequel il met en œuvre les accords de Ouagadougou.

Guillaume Kigbafori Soro a échappé à plusieurs tentatives d'assassinat, notamment en 2003 et lors d'un attentat à la roquette contre son avion en 2007, ce dernier causant la mort de plusieurs membres de son équipe de sécurité.

Présidence de l'Assemblée nationale

Le 12 mars 2012, Guillaume Soro est élu président de l'Assemblée nationale. Son mandat est marqué par une activité parlementaire intense et des initiatives centrées sur la jeunesse, les questions sociales et environnementales. Il est réélu en 2017 malgré les accusations de son implication dans les mutineries de 2017 et la découverte d'armes chez son directeur du protocole.

Conflits avec le Pouvoir et Exil

Les tensions entre Guillaume Soro et le président Ouattara culminent en janvier 2019 avec sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale. En 2020, il est accusé de complot contre l'État et un mandat d'arrêt international est émis contre lui. En exil, il est jugé et condamné par contumace pour détournement de fonds et blanchiment.

Retour et Tentative de Réconciliation

En 2023, Guillaume Soro annonce son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2025. En novembre 2023, il survit à une tentative d'enlèvement en Turquie et commence à préparer son retour en Afrique, rencontrant des dirigeants comme le général

Abdourahamane Tiani au Niger et le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso.

Le 4 avril 2024, Guillaume Soro révèle avoir eu une conversation téléphonique avec Alassane Ouattara, marquant un possible début de réconciliation après plusieurs années de tensions.

Guillaume Kigbafori Soro reste une figure influente en Côte d'Ivoire, ayant traversé plusieurs phases de la politique nationale, des rébellions aux hautes fonctions gouvernementales, et désormais à la recherche d'une nouvelle voie politique.