Réélu le samedi 26 septembre à la présidence de Générations et peuples solidaires, Guillaume Soro a fixé une feuille de route en huit chantiers pour les cinq prochaines années. De l’implantation territoriale à la préparation à l’exercice du pouvoir, en passant par la gouvernance, la formation des cadres et l’élaboration d’un projet de société, le président de GPS veut engager son mouvement dans une nouvelle phase.

Le nouveau mandat de Guillaume Soro ne sera pas celui de la simple continuité. Dans son discours d’orientation, le président réélu de GPS a dessiné les contours d’une organisation qu’il souhaite plus structurée, plus compétente et surtout mieux préparée aux responsabilités nationales.

« Le mandat qui s’achève aura été celui de la résistance et de la résilience. Celui qui s’ouvre sera celui du renforcement de notre gouvernance, de la densification de notre implantation territoriale, et d’une préparation opérationnelle à l’exercice du pouvoir », a-t-il annoncé dès le samedi 26 septembre. Derrière cette déclaration se trouve une feuille de route articulée autour de huit chantiers.

Guillaume Soro veut d’abord renforcer la présence de son mouvement sur le terrain. L’objectif est de disposer de structures réellement fonctionnelles dans les régions, départements, secteurs et arrondissements, mais aussi de consolider les comités locaux citoyens. Le président de GPS entend ainsi dépasser les implantations essentiellement administratives pour privilégier une organisation capable d’entretenir un contact permanent avec les populations. Cette dynamique concerne également la diaspora, appelée à participer pleinement à l’animation du mouvement. Pour l’ancien Premier ministre ivoirien, l’implantation territoriale doit devenir un véritable instrument de proximité, d’écoute et de mobilisation.

Le deuxième axe porte sur la capacité de GPS à participer efficacement aux processus électoraux. Le mouvement entend notamment accompagner ses militants dans l’obtention des pièces d’identité, leur inscription sur les listes électorales, la connaissance des bureaux de vote et la formation des représentants électoraux. Pour Guillaume Soro, l’enjeu est de transformer la mobilisation militante en capacité électorale concrète. « Si le jour du scrutin, nos militants ne sont pas inscrits sur la liste électorale, s’ils n’ont pas de pièce d’identité, s’il n’y a personne de chez nous dans les bureaux de vote, alors tout ce que nous aurons bâti pendant sept ans se dissoudra en une seule journée », prévient-il.

Le troisième chantier concerne le fonctionnement interne de GPS. Le leader politique entend faire vivre les réformes déjà engagées dans les statuts et le règlement intérieur, avec une attention particulière accordée à la séparation des responsabilités, au contrôle et à la reddition des comptes. « Le chantier du prochain mandat n’est plus d’annoncer cette réforme. Il est de la faire vivre, de la respecter et d’en mesurer les effets », soutient l’ex-vice-président du Rassemblement des républicains (Rdr). La fonction politique devra ainsi être conçue comme une responsabilité temporaire et non comme un privilège. « La fonction qu’il occupe ne lui appartient pas. Elle lui a été confiée temporairement par un mouvement qui attend de lui des résultats et non des privilèges », a-t-il souligné à l’attention des responsables de son mouvement.

GPS veut également franchir un cap dans sa manière de travailler. Le mouvement devrait fonctionner davantage selon des méthodes de planification, de suivi et d’évaluation. Guillaume Soro annonce notamment une gestion fondée sur des objectifs, des tableaux de bord, des responsabilités clairement définies et une évaluation régulière des résultats. Cette professionnalisation doit également toucher la gestion des compétences. Le président de GPS entend identifier les profils capables d’assumer les différentes responsabilités et éviter que les nominations soient dictées par les seuls liens personnels. Il promet ainsi de privilégier « l’intégrité, la compétence et les accomplissements » dans l’évaluation du mérite.

Le cinquième axe donne au nouveau mandat une dimension davantage programmatique. Guillaume Soro veut faire de GPS une organisation capable d’analyser les transformations de la société ivoirienne et de produire des propositions. Des structures consacrées aux politiques publiques, à l’économie, à la prospective et à l’innovation doivent notamment contribuer à cette ambition. « Je veux instaurer dans notre mouvement une politique de preuves et non une politique de discours », promet-il. L’idée est donc de disposer d’une capacité permanente d’analyse afin que GPS puisse non seulement critiquer les politiques publiques, mais aussi formuler des alternatives argumentées.

La question de la relève constitue le sixième chantier. Guillaume Soro veut renforcer la formation des militants et des cadres afin de disposer d’une génération de responsables mieux préparés aux exigences de la vie publique. Leadership, politiques publiques, communication politique, gestion des collectivités, gouvernance économique, numérique, intelligence artificielle ou encore relations internationales doivent ainsi faire partie des domaines de formation. Le président de GPS veut surtout éviter que son mouvement reste dépendant d’une seule génération de responsables. « Celui qui ne prépare pas sa relève n’est pas un chef. Il devient un obstacle », défend-t-il.

Le septième chantier porte sur l’élaboration d’un véritable projet de société pour la Côte d’Ivoire. Guillaume Soro annonce la mise en place d’un comité scientifique appelé à mobiliser des compétences issues de différents domaines. L’objectif est de produire des propositions susceptibles de répondre aux principaux défis du pays.

Éducation, santé, économie, agriculture, industrie, énergie, infrastructures, justice, sécurité, environnement ou encore diplomatie devraient ainsi faire l’objet d’une réflexion structurée. Le président de GPS insiste sur la nécessité de soumettre ces propositions à un examen de leur faisabilité. « Nous ne promettons rien que nous ne sachions financer », assure le maître à penser de la Mériquité.

Le dernier chantier apparaît comme le point de convergence des sept précédents. Il s’agit de préparer GPS à l’exercice du pouvoir d’État. Pour Guillaume Soro, une victoire électorale ne saurait constituer une fin en soi. Encore faut-il disposer des hommes, des compétences et des politiques nécessaires pour gouverner efficacement. « Notre objectif n’est pas seulement de remporter des élections. Notre ambition est de réussir l’exercice du pouvoir », professe l’ancien ministre de la Communication.

Cette préparation doit permettre au mouvement de disposer, le moment venu, de responsables capables d’entrer immédiatement en fonction et de politiques déjà élaborées. « Le jour où GPS accédera à la magistrature suprême, nous ne découvrirons pas les dossiers. Nous mettrons immédiatement en œuvre les politiques préparées », assure Guillaume Soro.

À travers ces huit chantiers, le président réélu entend donc faire entrer GPS dans une nouvelle dynamique. L’objectif n’est plus seulement de maintenir en vie une organisation politique confrontée aux épreuves, mais de construire une formation capable de s’implanter, de se renouveler, de produire des idées et de se préparer aux responsabilités. « Notre ambition est de faire de Générations et peuples solidaires le mouvement politique le mieux structuré, le mouvement le plus compétent, le plus innovant, le plus rigoureux dans sa gouvernance, le plus proche des réalités de nos populations et celui qui prépare le mieux l’avenir », dévoile Guillaume Soro. La nouvelle mandature sera désormais jugée à l’aune de la mise en œuvre de cette feuille de route.


KO