Depuis l'arrestation de plusieurs proches de Guillaume Soro, ancien président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire et président de Générations et Peuples Solidaires, leurs parcours personnels et professionnels se sont révélés aussi variés que tumultueux.
Parmi les détenus les plus notables, Koné Kamaraté Souleymane, surnommé "Soul to Soul", se distingue par son engagement indéfectible envers Soro, ayant toujours été considéré comme un fidèle parmi les fidèles.
Le commandant des FACI, Kassé Kouakou Jean Baptiste, connu sous le nom de Commandant JB, a longtemps été le gardien de la sécurité de Soro, formant un rempart solide autour de lui. À la date de leur arrestation, le 23 décembre 2019, JB commandait une trentaine d'hommes, prêts à défendre leur leader contre toute menace. Sa loyauté et son dévouement ont fait de lui une figure emblématique de la protection rapprochée de Soro.
Le commandant de gendarmerie Koné Ardjouma Hermann, quant à lui, a été l'aide de camp naturel de Soro pendant de nombreuses années. Sa carrière aux côtés de l'homme politique a été marquée par une fidélité inébranlable, mais aussi par les défis que cette proximité engendre.
Une dizaine de militaires appartenant à la Garde républicaine constituait l'équipe de sécurité de celui qui avait présidé presque dix ans durant aux destinées de l'Assemblée nationale. Tous ont fait preuve de résilience pendant leur incarcération difficile et pénible jusqu'à la fameuse grâce présidentielle. La prison n'a en rien altéré leur affection professionnelle indéfectible envers Guillaume Soro.
Les hommes de Guillaume Soro : entre loyauté et détention
Cette longue collaboration avec un homme aussi influent que Guillaume Soro a engendré pour ces hommes une existence marquée par des hauts et des bas. Leur jeunesse, autrefois empreinte d'espoir et de promesses, a été ternie par des années de détention, de luttes politiques et d'incertitudes. Leurs histoires illustrent les conséquences souvent tragiques des choix faits par ceux qui s'engagent auprès de figures politiques puissantes, comme Guillaume Kigbafori Soro.
Détenus et malmenés à travers les prisons de la Côte d'Ivoire durant des années, les hommes du président de Générations et Peuples Solidaires ont fini par être accusés d'être des ennemis de leur propre pays.
« Complot » de « tentative d'atteinte à l'autorité de l'État et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement ayant entraîné une atteinte au moral des populations ».
Alors que la Côte d'Ivoire continue de naviguer à travers les turbulences juridico-politiques, le sort de ces détenus reste un sujet de préoccupation pour de nombreux citoyens et observateurs. Leurs vies, désormais entrelacées avec celle de Guillaume Soro, témoignent des sacrifices engagés au nom de la loyauté et de la défense d'une vision politique du Président de Générations et Peuples Solidaires.
Avec à leur tête, Koné Kamaraté Souleymane, dit Soul to Soul, est devenu l'un des personnages les plus emblématiques dans la sphère politique en Côte d'Ivoire. Ancien directeur de protocole d'État à l'Assemblée nationale, il a également été arrêté le 23 décembre 2019, lors du retour manqué de Guillaume Soro, son mentor politique.
Sa détention et les événements qui ont suivi ont mis en lumière les tensions persistantes entre Guillaume Soro et le régime du RHDP au pouvoir. Ce 23 décembre 2019, Soul to Soul a immédiatement été placé en garde à vue, où il a subi de longues heures d'auditions, marquées par des allégations de violences physiques. De même que pour les autres dont l'arrestation se faisait au fil des jours.
Les conditions de détention du directeur de protocole de Guillaume Soro ont soulevé des préoccupations, sur son intégrité physique, en particulier lors de son passage dans les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie et à la Direction de la Sécurité du Territoire (DST). Il a ensuite été transféré à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA), où il a attendu son procès.
Le procès de Soul to Soul et ses compagnons a débuté en juin 2021, où il a comparu devant le juge avec une dizaine de coaccusés. Tous ont été condamnés à 20 ans de prison pour des accusations de « complot » de « tentative d'atteinte à l'autorité de l'État et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement ayant entraîné une atteinte au moral des populations ».
Les frères Soro, Rigobert et Simon, ont quant à eux écopé de 17 mois de prison avant d'être libérés quelques mois plus tard.
L'affaire a pris une tournure inattendue le 13 février 2023, lorsque la cour a acquitté Alain Lobognon et Sekongo Félicien, pourtant accusés des mêmes délits. Cependant, pour Soul to Soul et ses autres coaccusés, le chemin vers la liberté était encore semé d'embûches. Ils ont été dispersés dans plusieurs prisons à travers le pays, entamant un véritable nomadisme carcéral. Toumodi-Bassam-Abengourou-Abidjan-Bassam puis Abidjan, sont les villes dont les geôles ont accueilli Soul to Soul et quelques autres coaccusés.
« Recel de deniers publics et de blanchiment de capitaux liés à l'acquisition d'une résidence à Marcory par Guillaume Soro ».
Le 22 février 2024, un rayon d'espoir est apparu pour Soul to Soul avec une grâce présidentielle qui a permis sa libération, ainsi que celle de plusieurs autres détenus pro-Soro. Toutefois, cette liberté ne fut que de courte durée pour Kamaraté Souleymane. À peine trois mois après sa sortie, le 28 mai 2024, il a été convoqué à nouveau, cette fois pour répondre d'accusations de recel de deniers publics et de blanchiment de capitaux liés à l'acquisition d'une résidence à Marcory par Guillaume Soro.
L'affaire, qui remonte à 2007, soulève des questions sur la transparence et l'intégrité des transactions gouvernementales. Soul to Soul se retrouve à nouveau au centre d'une tempête politico-judiciaire, avec des reports successifs de son procès, le dernier étant programmé pour le 28 janvier 2025.
Les rebondissements politico-juridiques autour de Koné Kamaraté Souleymane illustrent la complexité du paysage politique ivoirien, où loyauté et rivalités se mêlent dans un contexte de tensions persistantes entre le Président de GPS et le régime d'Abidjan.
Alors que les regards se tournent vers le prochain procès de Soul to Soul, prévu pour la dernière semaine de janvier 2025, la situation des autres détenus incarcérés suscite l'inquiétude. Avec l'espoir d'une évolution positive, la communauté pro-Soro continue de réclamer justice et liberté pour ceux qui se battent pour leurs convictions. En effet, plusieurs personnes issues du mouvement présidé par Guillaume Soro croupissent encore en prison. Kader Doumbia, le plus ancien des détenus pro-Soro, est derrière les barreaux bien avant la vague d'arrestations de décembre 2019. Il n'est pas encore passé devant un juge.
KORE Guy-Armand
