Par Idrissa MAÏGA
Témoin de l'attentat du Fokker 100 à Bouaké.
Cet événement tragique, survenu lors de l'atterrissage du Premier ministre Guillaume SORO à l'aéroport de Bouaké, a été marqué par des tirs de roquettes et de Kalachnikov visant l'avion transportant le Chef du Gouvernement et sa forte délégation. Malgré les honneurs militaires prévus pour l'accueillir, la situation s'est transformée en chaos et en panique lorsque les tirs ont commencé. Les forces de sécurité, des Forces nouvelles, avec comme acteur principal le commandant Ouattara Issiaka dit Wattao ont rapidement réagi pour protéger le Premier ministre et l'escorter vers un véhicule en sécurité et l’exfiltré de l’aéroport.
Cet accueil du Premier ministre devrait commencer avec les honneurs militaires. Cette civilité militaire était devenue une pratique usuelle pour les hommes en arme à chaque fois que le Premier ministre Guillaume SORO effectuait un déplacement officiel à Bouaké, fief des Forces Nouvelles. En ces circonstances très solennelles, le protocole militaire rehaussait davantage le niveau des dispositifs visant la sécurité autour du périmètre de cette cérémonie purement militaire.
Et pour l’évènement du jour, plusieurs unités en arme issues de différentes composantes de l’armée des Forces nouvelles ont déjà formé des rangs sur le tarmac, juste en face de l’aire de stationnement définitif de l’avion. Position idéale pour le Chef d’état-major le général Soumaila Bakayoko, qui doit serrer la main du Chef du Gouvernement au bas de l’échelle de coupée.
Dans un angle de l’aéroport l’on pouvait aisément voir la présence d’un dispositif de l’armée française, et à l’opposé un contingent de l'ONUCI qui avait d’ailleurs à charge la gestion de l’aéroport de Bouaké.
Pour sa part, la société civile n’a pas voulu restée en marge de cette autre visite de Guillaume SORO. C’est à raison, qu’une forte présence d’hommes, de femmes, de jeunes a été remarquée. Chaque composante brandissait sa banderole qui en disait long sur l’estime qu’ils portaient à la haute personnalité qui était attendue.
Il faut faire savoir que la société civile s’était toujours regroupée autour de Guillaume SORO dans le but de défendre des intérêts communs et de promouvoir des valeurs ou des causes sociétales, dans le cadre du processus de sortie de crise. Ces groupements avaient toujours répondu présentes aux divers rendez-vous et sollicitations du Premier ministre Guillaume SORO. Raison pour laquelle, ce vendredi 29 juin 2007, le parvis de l’aéroport ne comptait pas que des militaires. Tous ceux qui pouvaient jouer un rôle essentiel dans la vie démocratique, en participant à la définition des politiques publiques, pour réussir ce retour définitif de la paix, ont marqué leur présente.
ONG, syndicats, associations, clubs de loisirs et même des organisations religieuses ont senti le besoin d’effectuer le déplacement pour venir souhaiter l’Akwaba traditionnel au Premier responsable de ce processus de sortie de crise qu’est Guillaume SORO. Qui, d’ailleurs venait à Bouaké pour lancer le démarrage des audiences foraines en procédant à l’installation officielle des magistrats, qui avaient à charge l’exécution de cette opération.
Soigneusement alignés, une cinquantaine de soldats venaient de terminer les derniers gestes, sous les ordres d’un chef de section, lui-même assisté du commandant Ouattara Issiaka dit Wattao chef d’État major adjoint des Forces nouvelles. D’ailleurs au titre des officiers supérieurs issus des rangs des Forces nouvelles, seul le Commandant Wattao, entouré de quelques officiers a répondu présent à l’aéroport aux côtés du général Soumaila Bakayoko pour accueillir le Premier ministre Guillaume Soro.
Cherif Ousmane étant à l’extérieur pour raison de santé. Le commandant Wattao, rentré plus tôt lui aussi, d’un voyage similaire pour une rééducation au pieds. Ce qui se voyait par sa démarche déséquilibrée, sur l’aire de l’aéroport en face des soldats prêts pour les honneurs militaires dus aux rangs de la personnalité de Guillaume SORO.
Il était un peu plus de 10h 30 lorsque l’avion a amorcé son atterrissage dans le sens Katiola-Bouaké avant de se poser sur la piste. A peine l’appareil a entamé son virage en direction du tarmac, qu’un bruit assourdissant d’arme lourde s’est fait entendre. Ce bruit va se répéter une seconde fois et se faire suivre de fortes explosions évoquant la violence et la destruction qui résonne dans l'environnement. Et des tirs terrifiants et impressionnants d’armes automatiques vont s’en suivre également.
C’est en ce moment que l’on réalise que c’est l’avion qui est la cible de l’attaque. Le tarmac de l’aéroport présente un autre visage. C’est la débandade dans tous les sens. Le dispositif militaire précédemment mis en place pour un accueil solennelle est en branle. Avec son pied en souffrance, le Commandant Wattao s’avance tant bien que mal avec quelques soldats vers l’avion qui venait de marquer son arrêt. De la fumée sortait du flanc gauche de l’appareil. La portière s’ouvre, le Commandant Wattao monte et redescend avec le Premier ministre Guillaume SORO qu’il protège soigneusement avec son dos, encadré par d’autres soldats. Ils s’engouffrent ensuite dans un véhicule déjà prédisposé et sorte de l’aéroport à toute vitesse.
Le Premier ministre s’est retrouvé au Secrétaire général des Forces nouvelles qui s’est transformé en citadelle imprenable entouré de soldats lourdement armés. Très vite Guillaume SORO a fait une déclaration pour rassurer les populations sur son état physique et moral qui est sans dommage. Annonçant par la suite que les magistrats seront quand-même installés ce même vendredi afin qu’ils commencent les audiences foraines. « Rien ne pourra freiner le retour vers la paix » avait-il déclaré. Cette déclaration a eu pour effet immédiat de calmer les populations et surtout les soldats de nombreuses casernes militaires disséminées dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles.
Ce même jour, en milieu d’après-midi, le porte-parole des Forces nouvelles, le ministre Konaté Sidiki a présidé au foyer Jeune Viateur de Bouaké, la cérémonie d’installation officielle des magistrats pour le démarrage des audiences foraines.
Cet événement tragique restera à jamais gravé dans l'histoire de la politique ivoirienne, symbolisant à la fois la détermination et le courage de Guillaume Soro face à l'adversité. Malgré cet attentat, il a continué à œuvrer pour la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire, montrant ainsi sa détermination à surmonter les obstacles pour le bien de son pays. Ce jour du 29 juin 2007 restera donc un moment important pour la mémoire collective ivoirienne, rappelant à tous, les sacrifices consentis pour la construction d'un avenir meilleur.
Malheureusement, cet attentat a causé la mort et fait plusieurs blessés, laissant une marque indélébile dans l'histoire politique ivoirienne. Cet attentat tragique restera par ailleurs un symbole de résilience et de détermination du Premier ministre Guillaume SORO.
Quelques jours après la tragédie, la société civile, les organisations religieuses, les syndicats et les ONG présents ce jour-là à l’aéroport, ont tous trouvé l’occasion pour aller exprimer leur soutien et leur solidarité envers Guillaume SORO, soulignant l'importance de son rôle dans le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire.
Malgré les difficultés et les dangers auxquels il a été confronté, Guillaume SORO a continué à se battre pour un avenir meilleur pour son pays.
