Voici environ deux semaines que Traoré Mamadou et Kando Soumahoro, cadres de GPS, ont été condamnés à deux ans de prison. Ils y ont rejoint d’autres proches de Guillaume Soro.

Une peine de 36 mois de prison dont 2 deux ans ferme, et 5 ans de privation de ses droits civiques pour Kando Soumahoro. Deux ans de prison ferme et cinq ans de privation de droits civiques. Ainsi en a décidé la justice ivoirienne à l’encontre de ces deux cadres de GPS. Hélas, pour la deuxième fois en quelques années, ces deux chefs de familles sont incarcérés et éloignés de l’affection des siens. Tout le monde le sait, ce qu’il leur est réellement reproché, c’est leur fidélité à Guillaume Soro qui reste un ennemi juré du pouvoir d’Alassane Ouattara.

A travers leur récent emprisonnement, ils sont devenus le symbole du refus catégorique du régime Rhdp de voir exister sur le territoire ivoirien, Générations et Peuples Solidaires (GPS) le mou- vement citoyen fondé et présidé par Guillaume Soro. Ces deux détenus qui rejoignent derrière les barreaux d’autres prisonniers proches de GPS tels que Kader l’ex-chauffeur de Guillaume Soro condamné à 20 ans de prison ferme en 2023 après six années de détention préventive injuste.

Leur incarcération, ajoutée au maintien en prison de certains proches de Soro comme Kader Doumbia et le maintien des peines prononcées contre le président de GPS après la grâce présidentielle dont Soul To Soul et autres ont bénéficié au mois de février 2024, vient confirmer que la réconciliation espérée entre l'ancien chef du Parlement et l'actuel chef de l'Etat n'a pas véritablement avancé. Cette intolérance vis-à-vis de Traoré Mamadou et de Kando Soumahoro, montre en effet, que les deux parties sont quasiment revenues à la case départ comme en 2019 la période de la rupture.

Pour rappel, cette rupture est venue du refus de Guillaume Soro d'adhérer au Rhdp Parti Unifié. Le pouvoir lui a surtout reproché, après sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale, d'avoir affiché son ambition pour la présidence de la République en adoptant la posture d'un opposant assez critique vis-à-vis de la gouvernance de Ouattara. Ses échanges téléphoniques avec celui-ci fin mars 2024, n'ont manifestement pas suffi à attendrir la position du pouvoir après plus de cinq années de rupture. En effet, l'on a espéré que ce rétablissement de contact évolue vers une mesure d'élargissement en faveur de l'ancien SG des ex-Forces Nouvelles, favorise son retour pacifique au pays et dans le jeu politique ivoirien. Malheureusement, le camp Ouattara semble avoir eu vis-à-vis de son ex-allié, des exigences que celui-ci n'a pas approuvées.

Conséquence, le ton est remonté du côté de Soro qui n'a pas manqué de faire la mise au point suivante sur X, ex-twitter : « Chers tous, presqu'un mois après mes échanges téléphoniques avec le Président Ouattara, qu’ai-je constaté du Rhdp ? Des préalables. Toujours ! Il faut que Soro déclare son Rhdp d'abord... ; il faut qu'il fasse la preuve de sincérité ; il faut le châtier ; il serait malavisé de lui faire confiance. Et ce discours, je l’entends, je le comprends. Tout ceci prouve qu’ils ne sont pas à la décrispation. Ces propos n’entachent guère ma détermination, ma patience car je suis un croyant. Les saintes écritures nous enseignent que chaque chose a son temps et chaque temps, sa chose. Et c’est vrai. Alors, quand viendra l’heure de la décrispation vraie, je serai au rendez-vous, toujours. Pour l’heure, tâchons d’être en vie ».

Une expression de dépit qui était en même temps pour Guillaume Soro une manière de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale. Une manière de montrer sa bonne foi et sa bonne volonté à lui d’aller à la décrispation vraie, mais aussi montrer le refus du camp adverse d’aller à cette décrispation. Un refus qui se traduit, entre autres, par l’arrestation et l’emprisonnement des cadres de GPS.

C’est regrettable.

Edito de Cissé Sindou dans Générations Nouvelles du 2 Septembre 2024