Mes chers compatriotes de confession musulmane,
Aujourd’hui, nous célébrons la Tabaski. La fête du sacrifice qu’Ibrahim accomplit debout, entièrement soumis dans l’épreuve et dans la foi, et que Dieu couronna de grâce. Ce jour n'appartient pas qu'aux musulmans seulement, il appartient à tous ceux qui savent que la foi, le partage et la solidarité envers les moins nantis sont les seules choses qui tiennent un peuple debout.
Je sais que dans chaque quartier, dans les cours, dans nos rues et nos villages, des familles ont fait des miracles pour que ce jour soit une fête. Je sais aussi que ce jour sera partagé entre voisins, entre familles, parfois entre inconnus, comme savent encore le faire les peuples qui n’ont pas perdu leur âme.
Notre monde, en ce moment, n'est pas en paix. Des peuples souffrent. Des enfants meurent sous des bombes au nom de causes que les puissants débattent dans des palais climatisés. Partout, des familles vivent avec l'angoisse du lendemain, la peur de perdre un proche, un toit, une vie normale. Dans ce vacarme du monde, nous devons préserver ce qui nous reste de plus précieux : notre humanité.
C'est précisément pour cela que le geste du sacrifice prend aujourd'hui tout son sens. Face au bruit et à la fureur du monde, il y a quelque chose de profondément beau dans cet acte simple : tendre la main, offrir une part de viande à son voisin, à l’étranger, à celui qui n’a rien. C'est ainsi que les peuples traversent les tempêtes, ensemble et debout.
Les temps sont difficiles. Mais tant qu’un peuple sait encore partager son pain, sa viande et sa dignité, alors ce peuple est vivant. Et la Côte d’Ivoire est vivante.
Que cette Tabaski soit pour chacun de nous un souffle nouveau. Qu'Allah accepte les prières, les sacrifices et les intentions sincères de chacun. Que vos tables soient garnies et vos cœurs en paix.
Bonne fête de Tabaski à toutes et à tous.
Aïd Moubarak.
Guillaume Kigbafori Soro
