Les enseignants de Côte d’Ivoire sont aujourd’hui victimes d’une véritable barbarie financière. Pour briser leur mouvement de revendications légitimes, le gouvernement a recours à une pratique aussi honteuse que classique : la ponction arbitraire de leurs salaires. Il espère ainsi contraindre les enseignants à l’humiliation et à la soumission.
Je me souviens qu’en 1990, cette même stratégie indigne avait été utilisée contre le SYNARES. Face à l’adversité, ce syndicat avait mobilisé une solidarité nationale exemplaire : une grande collecte de fonds avait permis aux enseignants de tenir bon et de surmonter cette épreuve.
Aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux et de la mobilisation instantanée, j’en appelle solennellement à tous les Ivoiriens : ne détournez pas votre regard de nos enseignants. Je demande publiquement aux syndicats enseignants d’organiser en urgence, à l’image de leurs aînés du SYNARES, une collecte nationale de fonds.
À tous les Ivoiriens épris de justice et de dignité, je lance cet appel : soutenez nos enseignants. Que chacun, selon ses moyens, contribue à cette cause juste. Aucun pouvoir n’a le droit d’affamer ceux qui instruisent la Nation.
Je m’adresse également à toute la diaspora ivoirienne, sur tous les continents : prenez des initiatives locales, organisez des levées de fonds, unissez vos forces pour venir en aide à nos enseignants. C’est un devoir national.
Guillaume Kigbafori SORO.
