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Sous les apparences, souvent plus vantées que réelles, d’une gouvernance tournée vers le progrès, la Côte d’Ivoire vit une réalité politique bien plus sombre. Derrière les promesses d’une émergence sans cesse repoussée et les discours sur la stabilité, le pouvoir d’Alassane Ouattara montre de plus en plus les traits d’un régime qui confond autorité et autoritarisme. La démocratie, réduite à une simple façade, subit les assauts répétés d’un appareil d’État devenu l’arme d’une stratégie impitoyable visant à neutraliser toute opposition.

Alassane Ouattara a ouvert la voie à une gestion brutale du pouvoir, et ses fidèles lieutenants ont suivi sans réserve, se transformant en dépositaires exclusifs de la pluie et du beau temps. Le climat politique est désormais marqué par une instrumentalisation manifeste des institutions judiciaires et administratives, utilisées sans retenue pour écraser les adversaires. Derrière chaque procès, chaque décision de justice, se cache une volonté claire d’anéantir toute contestation politique.

Procès politiques et condamnations ciblées : des stratégies de neutralisation

Le cas de Guillaume Soro illustre parfaitement cette dérive autoritaire. Ancien président de l’Assemblée nationale et compagnon de route du président Ouattara, il est aujourd’hui un exilé politique, condamné à de lourdes peines par une justice devenue un redoutable bras armé du pouvoir. Son ambition présidentielle lui a valu d’être exclu de l’arène politique, non par le jeu démocratique, mais à travers une série de procès soigneusement fabriqués pour le réduire au silence.

De même, Laurent Gbagbo, malgré son acquittement retentissant par la Cour pénale internationale, reste l’objet d’un acharnement administratif et judiciaire. De retour en Côte d’Ivoire après une décennie d’exil forcé, il se heurte à des obstacles multiples, manifestement destinés à empêcher son retour sur l’échiquier politique. Ces manœuvres ne relèvent pas du hasard, mais bien d’une stratégie délibérée visant à exclure définitivement les figures gênantes du paysage politique ivoirien.

La condamnation récente de Damana Pickass, Koua Justin et Lagui Ikpo illustre de manière flagrante cette utilisation de la justice comme instrument de répression politique. Damana Pickass, deuxième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été accusé d’atteinte à la sûreté de l’État et condamné à dix ans de prison ferme, uniquement pour avoir repris ses activités politiques. Son rôle pourtant pacifique et ses appels à une transition démocratique n’ont pas suffi à le protéger. Il aura suffi qu’il s’affirme sur la scène politique pour que la machine judiciaire s’active étrangement contre lui.

Koua Justin, cadre influent du FPI, a été arrêté et condamné pour de prétendus « troubles à l’ordre public », ce fourre-tout juridique, après avoir critiqué publiquement la gestion du pouvoir. Cette accusation, dépourvue de preuves solides, n’est rien d’autre qu’un subterfuge pour faire taire un militant dont les seules armes sont ses idées et sa parole.

Quant à Lagui Ikpo, jeune cadre du PPA-CI, il a été condamné pour « incitation à la rébellion », une accusation sans fondement, bâtie sur des interprétations floues de ses prises de position politiques. Son procès, marqué par de graves irrégularités, reflète une justice de plus en plus soumise aux desiderata du pouvoir exécutif.

Une administration devenue une arme répressive

L’administration publique, quant à elle, est désormais un redoutable levier de répression politique. Officiellement, il s’agit de réformes et de réorganisations nécessaires au bon fonctionnement de l’État. Officieusement, ces mesures servent à écarter les fonctionnaires soupçonnés de sympathies pour l’opposition. Révocations arbitraires, mutations forcées, privations de salaires : autant de sanctions déguisées pour briser les résistances internes et instaurer un climat de peur.

Ces méthodes rappellent tristement les pratiques des régimes autoritaires, où les sanctions politiques se cachent sous une façade administrative d’apparente neutralité. Le résultat est sans équivoque : un climat de silence s’installe, et la moindre tentative d’opposition est écrasée avant même de prendre forme.

Une démocratie en sursis

Les fondements de la démocratie ivoirienne vacillent sous le poids de ces dérives. Le pluralisme politique et la liberté d’expression, censés garantir la stabilité et l’équilibre national, sont méthodiquement étouffés. L’histoire récente a déjà montré combien la répression et le rétrécissement des libertés pouvaient fragiliser une nation.

Si le régime persiste à confondre gouvernance et répression, il prend le risque de replonger le pays dans des heures sombres. Une démocratie amputée de sa diversité finit par perdre toute légitimité. La Côte d’Ivoire, terre d’hospitalité et d’espoir, mérite mieux qu’une gouvernance fondée sur la peur. Le dialogue, la tolérance et le respect de l’opposition sont les seuls chemins viables pour préserver la paix et la stabilité car, être craint et être respecté relèvent de deux dynamiques aux antipodes.

Le pouvoir basé sur la crainte repose sur l’intimidation, la coercition et la peur des représailles. Nous sommes en plein dedans !

𝗞𝗮𝗱𝗲𝗿 𝗗𝗜𝗔𝗥𝗥𝗔𝗦𝗦𝗢𝗨𝗕𝗔