Est-il un ivoirien que le souvenir du 19 septembre laisse à 37 degrés ? Cette date fatidique restera à jamais gravée dans les mémoires individuelles et collectives. C’est un moment qui reste le creuset de plusieurs sentiments des plus durs, à dessein, au bonheur des usufruitiers en passant par des feelings mitigés.

Aujourd’hui, on voudrait nous faire croire que le temps efface tout, que les plaies se ferment, que l’oubli est une forme de paix. Mensonge ! Le 19 septembre ne s’efface pas. Il brûle encore dans nos mémoires, il crie dans nos consciences, il hurle contre les imposteurs qui voudraient réécrire l’histoire à leur convenance. Oublier, c’est trahir. C’est livrer les morts une seconde fois, c’est piétiner les rêves sacrifiés, c’est offrir aux bourreaux la victoire posthume de l’effacement. Mais nous refusons. Nous refusons le silence, nous refusons l’amnésie, nous refusons le confort de l’oubli qui nourrit les dictatures. Car l’oubli, c’est la victoire des assassins.

Et qu’on ne s’y trompe pas : ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, à commencer par Alassane Ouattara, prospèrent sur ce déni. Ils ont pris le pouvoir sur les cendres du 19 septembre initiés par leurs soins et bâti leur légitimité sur le sang versé. Ils ont bâillonné la vérité, instrumentalisé la douleur, et aujourd’hui, ils osent transformer cette tragédie en propagande. Ils veulent que le peuple se taise pour mieux régner. Mais nous disons non. La mémoire n’est pas une menace, elle est une arme. Une arme contre l’injustice, une arme contre la falsification, une arme contre les imposteurs qui s’accrochent au pouvoir comme des naufragés à une planche pourrie.

Le 19 septembre est un cri. Un cri qui rappelle que les dictatures ne s’imposent pas seulement par la force, mais aussi par l’oubli qu’elles imposent aux peuples. C’est ainsi que Ouattara, après avoir arraché un troisième mandat à la Constitution, continue d’étouffer la vérité, de museler les opposants, d’acheter les consciences. Mais qu’il le sache : l’histoire est un juge patient. Et le 19 septembre sera l’acte d’accusation que ni lui ni ses héritiers ne pourront effacer. Se souvenir du 19 septembre, c’est mener un combat. Un combat contre l’impunité qui nourrit les tyrans. Un combat contre la peur organisée, qui paralyse les peuples. Un combat pour la liberté, car sans mémoire, la liberté n’est qu’un mot creux. Ceux qui croient que l’oubli apportera la paix se trompent : l’oubli engendre toujours de nouvelles violences. Seule la vérité guérit.

Non, le 19 septembre n’est pas derrière nous. Il est devant nous, comme un tribunal dressé sur le chemin du pouvoir. Comme un flambeau qui éclaire nos pas, il nous interdit de détourner les yeux. L’histoire regarde, et demain, les générations jugeront. À nous de choisir : serons-nous complices par le silence, ou résistants par la mémoire ? Refuser d’oublier, c’est déjà accuser. Se souvenir, c’est déjà juger. Et juger, c’est préparer la chute des tyrans.

𝗞𝗮𝗱𝗲𝗿 𝗗𝗜𝗔𝗥𝗥𝗔𝗦𝗦𝗢𝗨𝗕𝗔