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JPD : Nous sommes à moins de neuf mois de la présidentielle d’octobre 2025. En tant que leader d’un parti politique de l’opposition, quel est votre avis sur la candidature probable du Président sortant Alassane Ouattara et celles plus qu'improbables de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, deux grands et charismatiques leaders de l'opposition ?
TA : Pour nous, c’est une candidature de trop. Le P.I.P est contre cette forme de démocratie appliquée par le pouvoir en place. En 2020, il y a eu une violation de la Constitution de 2016 puisque l’actuel Ministre-Gouverneur du District Autonome d'Abidjan, alors membre du comité d'experts l'ayant rédigée avait affirmé avec conviction qu'elle ne balayait pas l’ancienne constitution. Partant de ce fait, le Président Alassane Ouattara ne pouvait pas faire un troisième mandat. Pis, le ministre actuel de la justice et garde des sceaux avait dit qu’il était impossible au Président d’être candidat pour un troisième mandat.
Nous avons donc été désagréablement surpris en 2020. Nous avons tous été peinés par le lourd bilan de plus de quatre-vingt-cinq (85) morts dont le jeune Toussaint qui a eu la tête tranchée sans que jusqu'à ce jour les tueurs soient arrêtés et jugés. Nous trouvons cela regrettable. Encore un quatrième mandat, nous disons que cela représente un mandat de provocation. Nous demandons au Rhdp de proposer un autre candidat issu de la demi-douzaine de cadres préparés par le Président Ouattara, ce au nom de la paix tant recherchée.
Quant à l'exclusion envisagée de Mrs Gbagbo et Soro, souvenez-vous qu’en 2010, au nom de la paix, la candidature de l'opposant Ouattara fut une candidature exceptionnelle grâce à l'activation par le Président Gbagbo, de l’article 48 de la Constitution d’alors. Bien avant, le Président Alassane Ouattara avait menacé de rendre le pays ingouvernable pour le rejet de sa candidature.
Effectivement, nous avons vécu cela. Pour une candidature rejetée, nous avons vécu l'enfer dans un pays rendu ingouvernable. Imaginons alors les exclusions de deux grosses têtes de la politique ivoirienne. Au nom de la paix, nous souhaitons qu’une loi d’amnistie soit votée afin de permettre à tout le monde de se présenter. Nous voulons une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire et non des troubles sans fin. Pour le P.I.P, le rejet des deux candidatures représentera un grand danger pour cette nation. Cette élection présidentielle d’octobre 2025 ne doit exclure aucune fille ni aucun fils de la Côte d’Ivoire.
Nous saluons le leadership du Président Soro Guillaume qui a su imprimer une autre façon de faire la politique en Côte d'Ivoire. C’est vraiment dommage de voir le Président Soro Guillaume en exil. Nous implorons la grâce de Dieu sur lui afin qu’il étende sa main protectrice sur lui et qu’il nous revienne sain et sauf. Nous vous remercions.
𝗔𝘃𝗶𝘀 𝗿𝗲𝗰𝘂𝗲𝗶𝗹𝗹𝗶 𝗽𝗮𝗿 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗗𝗢𝗨𝗕𝗔𝗛𝗜
