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𝗣𝗮𝗿 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗗𝗢𝗨𝗕𝗔𝗛𝗜
La récente sortie de la Haute Autorité de la Commutation Audiovisuelle (HACA) en réaction à la longue série de conférences-vidéos du cyberactiviste Johnny Patcheco a mis à nu une plaie des États africains en général et de Côte d'Ivoire en particulier : La gestion partiale, partielle et partisane des appareils d'État et ses corollaires du deux poids deux mesures ainsi que d'actions et de réactions à géométrie variable.
Hier adulé, aujourd'hui vomi et persécuté.
Est-il nécessaire de rappeler que Johnny Patcheco fut durant des années cyber-militant du RHDP, recruté et grassement payé à ce titre pour s'attaquer à l'opposition et à ses cadres ? Tout y passait et tout lui était alors permis. Des injures les plus grossières et grotesques (jusqu'aux intimités) aux prétendues révélations sur la vie privée de personnalités de l'opposition. Tant que cela était nuisible à l'image d'un Guillaume Soro ou d'un Laurent Gbagbo, Patcheco pouvait circuler librement en Côte d'Ivoire, être brandi tel un héros ou un trophée de guerre aux meetings du RHDP et faire le tour des ministères pour poser fièrement avec leurs premiers responsables. Ni la HACA ni la justice n'étaient alors scandalisées.
Aujourd'hui, s'étant retourné contre eux, il fait des révélations (avérées ou non), sur de hautes personnalités de l'État, s'attaquant dans la foulée à leur intimité. Alors le voici subitement décrié, vomi et persécuté par la justice. La HACA sort subitement de son hibernation hypocrite pour taper du poing sur la table. La dignité d'une femme (la Première Dame) serait-elle plus précieuse que celle d'une autre (Affoussiata Bamba-Lamine) ?
Une marche de protestation qui confirme la partialité de l'État.
En réaction aux attaques de Johnny Patcheco contre la Première Dame, des femmes ont jugé utile d'organiser une marche de protestation à Abidjan-Plateau, ce en violation d'un décret d'interdiction jusqu'à ce jour exclusivement appliqué à l'opposition et à la société civile consciente du mal-être social du Peuple.
Ainsi, une manifestation contre la vie chère organisée le 13 septembre 2024 par la plateforme de la société civile Agir Pour le Peuple (AGIP) à Abidjan, s’est soldée par l’arrestation de plus de 30 personnes. De ces manifestants, 16 ont été condamnés à six mois de prison ferme.
C'est dire que dans la Côte d'Ivoire sous Ouattara, la loi, impersonnelle dans son essence, s'applique aux uns (opposants) et dispense les autres (partisans).
Une justice à double vitesse
La partialité dans l'application des lois est forcément jumelle de la partialité de l'institution judiciaire.
De toute l'histoire de la Côte, les malversations, la corruption et les détournements de deniers publics n'ont jamais atteint un niveau aussi hallucinant que sous le pouvoir Ouattara. Une pluie de scandales a arrosé ses 3 mandats présidentiels, impliquant ministres, directeurs centraux, cadres des structures d'État. Mais jamais le Procureur de la République ne s'est senti interpellé par ces crimes économiques d'envergure, occupé qu'il est à poursuivre et à jeter en prison les cadres, militants et cyber-militants de l'opposition pour des tweets et sous le léger prétexte de diffusion de fausses nouvelles.
De tout ce qui précède, la Côte d'Ivoire apparaît aujourd'hui, moins un État de droit qu'un État clanique dans lequel les appareils dits d'État, ont été asservis par les membres d'une coterie au pouvoir et par eux mis au service exclusif du RHDP, leur appareil politique.
